Baromètre national des pratiques sportives 2025

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Baromètre national des pratiques sportives 2025 : 61 % des Français en pratique régulière, l’héritage de Paris 2024

Un an après les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire (INJEP) livre un baromètre des pratiques sportives des Français qui révèle une dynamique encourageante. En 2025, 61 % des personnes âgées de 15 ans ou plus déclarent pratiquer une activité physique ou sportive régulière — au moins une fois par semaine en moyenne —, marquant une progression notable de 2 points par rapport à 2023 et surtout de 7 points depuis 2018. Ce document analyse les chiffres clés, les évolutions majeures, et les enjeux pour les politiques de formation et d’accompagnement à la pratique sportive en France.

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Un héritge olympique confirmé : 61 % de pratiquants réguliers

Selon l’enquête menée par l’INJEP entre juin et juillet 2025 auprès d’un échantillon de 4 019 personnes en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer, la pratique sportive régulière progresse doucement mais sûrement. En 2025, 61 % des Français âgés de 15 ans ou plus ont pratiqué une activité physique ou sportive régulière au cours des 12 derniers mois, soit une fréquence hebdomadaire en moyenne.

Cette progression de 2 points depuis 2023 (59 %) intervient dans la foulée des Jeux de Paris 2024, confirmant un effet positif anticipé de cet événement sportif majeur sur les pratiques nationales. Sur une période plus longue, l’augmentation est bien plus spectaculaire : +7 points depuis 2018 (54 %), signalant une tendance durable vers une plus grande activité physique et sportive des Français.

La définition de « pratiquant régulier » retenue par l’INJEP est précise : une personne déclarant avoir réalisé 52 séances d’activité physique ou sportive (APS) ou plus au cours des douze derniers mois, soit en moyenne une séance par semaine.

Tous les Français ne pratiquent pas également : les chiffres incluent aussi les pratiques occasionnelles

Lorsqu’on élargit le spectre aux pratiques occasionnelles et non régulières, la couverture sportive devient plus large : 72 % des Français ont pratiqué au moins une activité physique et sportive au cours des 12 derniers mois, soit une hausse de 6 points par rapport à 2018. En prenant encore plus largement en compte les modes de déplacement quotidiens actifs (marche, vélo, trottinette), 81 % des Français ont pratiqué une activité physique au moins une fois au cours de la dernière année, marquant une dynamique en hausse de 6 points depuis 2018.

Ces trois niveaux de mesure (régulière, occasionnelle, incluant déplacement actif) révèlent une hiérarchie : les Français les plus engagés (61 %), une couche de pratiquants plus sporadiques (11 % supplémentaires), et une base de déplacement physiquement actif (9 % supplémentaires).

      Parité femmes-hommes : un rapprochement spectaculaire

      L’une des évolutions les plus remarquables du baromètre 2025 concerne la réduction de l’écart entre les pratiques féminine et masculine. En 2025, cet écart ne porte que sur 1 seul point en faveur des hommes, contre 6 points en 2018. Cette convergence reflète les efforts menés depuis une décennie pour élargir et démocratiser l’accès aux pratiques sportives aux femmes.

      Cette quasi-parité en termes de taux global de pratique régulière représente une victoire symbolique importante pour les politiques d’égalité des genres dans le sport. Cependant, cette parité statistique masque des disparités persistantes dans les choix de disciplines : certains univers sportifs restent davantage masculins (sports motorisés, certains sports de combat), tandis que d’autres sont plus féminisés (danse, activités de bien-être).

            Disparités selon l’âge : réduction, mais persistance des écarts

            Le baromètre 2025 montre une réduction des disparités de pratique selon l’âge depuis 2018. Les jeunes et les seniors se rapprochent graduellement en matière de taux de pratique régulière, suggérant une meilleure continuité du sport tout au long de la vie. Néanmoins, des écarts subsistent : les jeunes adultes (15-30 ans) affichent généralement des taux de pratique supérieurs aux plus de 65 ans.

            Cette dynamique positive s’explique notamment par la progression de disciplines accessibles à tous les âges — particulièrement la marche et la course à pied, qui connaît un engouement croissant parmi les seniors.

              Facteurs socio-économiques : les disparités persistent et se creusent

              Malgré les progrès globaux, les disparités selon le milieu social restent très marquées. Le baromètre 2025 confirme que la pratique sportive régulière dépend fortement du capital culturel et économique :

              • 70 % des personnes ayant au moins le baccalauréat pratiquent régulièrement une activité sportive
              • 52 % des personnes ayant un diplôme inférieur au baccalauréat pratiquent régulièrement

              Cet écart de 18 points illustre la manière dont l’éducation, la stabilité financière et l’accès aux équipements influencent les choix sportifs. Cette disparité soulève des enjeux d’équité et d’inclusion pour les politiques de formation et de facilitation d’accès à la pratique.

                  Univers sportifs les plus pratiqués : marche et course en pole position

                  La structure de la pratique sportive française se dessine clairement dans le baromètre 2025. L’univers de la marche et de la course à pied est de loin le plus pratiqué, avec 32 % des personnes déclarant une pratique hebdomadaire. Ce taux représente une progression significative de 7 points depuis 2018 (25 %). Cette famille d’activités englobe la marche de loisir (randonnée pédestre, marche nordique, marche athlétique) jusqu’à la course compétitive (footing de détente, semi-marathon, ultra-trail).

                  Le deuxième univers par importance est celui des activités de forme et de gymnastique, regroupant fitness, yoga, pilates et disciplines connexes, avec 21 % de pratiquants réguliers (+3 points depuis 2018). Ces disciplines connaissent une ascension notable, alimentée par l’intérêt croissant pour le bien-être et la santé physique.

                  Les sports de cycle ou motorisés (hors modes de déplacement quotidien) occupent la 3e position avec 11 % de pratiquants réguliers, dominés par le vélo. Les sports aquatiques et nautiques arrivent en 4e position avec 10 % de pratiquants réguliers, en légère progression depuis 2018.

                  Ces univers sportifs reflètent une évolution majeure : les Français privilégient les activités individuelles, non compétitives ou faiblement compétitives, réalisables en autonomie et dans des environnements naturels ou domestiques.

                      Lieux et modes de pratique : émergence de la pratique à domicile

                      La pratique sportive se diversifie également en matière de lieux et de modalités. Selon le baromètre, près d’un Français sur deux (46 %) pratique principalement en plein air, que ce soit en nature ou en milieu urbain, reflétant l’attractivité croissante du sport de nature et de la marche en extérieur.

                      Une tendance notable est la progression de la pratique à domicile, stimulée par l’accessibilité des contenus en ligne, des applications mobiles et des tutoriels vidéo. Cette dynamique s’est accentuée depuis la période post-COVID et continue d’influencer les choix des pratiquants.

                      Concernant les déplacements vers les lieux de pratique : 48 % des pratiquants se rendent à pied sur le principal lieu de pratique, tandis que 44 % prennent la voiture (y compris en covoiturage). Cette répartition souligne l’accessibilité locale des équipements et la préférence pour des pratiques à proximité du domicile.

                          Motivations et impact sur la santé : le bien-être en tête

                          La question des motivations révèle les priorités des pratiquants. Faire du sport pour améliorer sa santé se maintient en tête des principales raisons, confirmant que le rapport au sport s’est progressivement transformé : du modèle de compétition classique vers un modèle de bien-être holistique.

                          La santé et le bien-être surpassent largement d’autres motivations comme la compétition, la socialisation ou le plaisir ludique. Cette orientation vers la santé préventive aligne la pratique sportive aux enjeux majeurs de santé publique en France — lutte contre la sédentarité, gestion du poids, prévention des maladies chroniques.

                              Participation à des événements sportifs : 23 % des pratiquants

                              Le baromètre révèle que 23 % des pratiquants ont participé à une manifestation sportive au cours de l’année. Ce taux, bien que modéré, montre l’importance persistante des événements comme catalyseurs d’engagement et de socialisation autour du sport. Les Jeux de Paris 2024 ont probablement renforcé cette dynamique d’engagement événementiel.

                              Niveau de pratique : expertise variable, majorité en mode loisir

                              En termes de niveau de pratique, les pratiquants réguliers déclarent des niveaux variés. 26 % des pratiquants réguliers s’estiment experts dans leur activité principale, tandis que la majorité déclare un niveau intermédiaire ou débutant. Cette distribution reflète la nature non élitiste de la plupart des pratiques : les Français cherchent avant tout à pratiquer pour leur santé et leur bien-être, non pour la performance ou l’excellence athlétique.

                                   

                                  Impacts de ce baromètre sur les politiques de formation et d’accompagnement

                                  Les données du baromètre 2025 portent plusieurs implications majeures pour les organismes de formation et les politiques publiques :

                                  Formation aux disciplines émergentes : L’essor de la marche, la course et la fitness crée une demande de formateurs et de coaches spécialisés en ces domaines. Les écoles de formation professionnelle doivent adapter leurs curricula pour former des encadrants à ces disciplines devenues centrales.

                                  Accompagnement vers l’accès égalitaire : Les disparités persistantes selon le milieu social exigent des politiques de formation et d’orientation adaptées aux publics moins dotés en capital culturel. Des programmes d’accompagnement vers la pratique, des formations de médiateurs sportifs et des initiatives d’inclusion doivent être renforcées.

                                  Professionnalisation de la pratique à domicile : L’émergence de la pratique à domicile via applications, vidéos et tutoriels crée une demande de formateurs en digital et de concepteurs de contenus pédagogiques pour le sport. Des formations en gestion de communautés virtuelles, en création de contenu fitness et en coaching digital deviennent stratégiques.

                                  Parité et leadership féminin : La quasi-parité atteinte en taux global ne doit pas masquer les inégalités de représentation féminine dans les rôles de leadership et d’encadrement. Former davantage de femmes coaches, d’arbitres et d’administratrices sportives reste un enjeu prioritaire.

                                  Intégration des JOP comme outil pédagogique : L’impact de Paris 2024 sur les pratiques offre une opportunité pour intégrer l’héritage olympique dans les formations, en sensibilisant les futurs encadrants aux valeurs olympiques et à l’impact d’événements majeurs sur l’engagement sportif.

                                  Conclusion : une pratique sportive en transition

                                  Le baromètre national des pratiques sportives 2025 de l’INJEP confirme une France en transition vers des pratiques sportives plus démocratiques, inclusives et orientées vers la santé et le bien-être. Avec 61 % de pratiquants réguliers et une quasi-parité femmes-hommes, la dynamique générale est positive. Cependant, les disparités socio-économiques persistantes rappellent que l’égal accès au sport reste un enjeu non résolu.

                                  Pour Formation Cogito, ces données constituent une feuille de route pour accompagner les organismes, les formateurs et les pouvoirs publics dans l’adaptation de leurs offres de formation et de politiques. Qu’il s’agisse de former de nouveaux encadrants à la marche sportive, d’acculturer des médiateurs à l’inclusion, ou de créer des contenus digitaux pour la pratique à domicile, l’écosystème de la formation doit se réinventer.

                                  Vous souhaitez exploiter ces données pour adapter vos stratégies de formation ou d’accompagnement ? Contactez Formation Cogito à contact@formationcogito.fr pour explorer comment transformer ces insights du baromètre en solutions pédagogiques concrètes.

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